La planification comme vecteur de liberté
Il y a des gens qui planifient tout. Et d’autres qui improvisent constamment. La plupart d’entre nous appartiennent davantage à l’une ou l’autre de ces catégories.
La planification a quelque chose de rassurant : on se sent en contrôle de son horaire, de son temps, on peut imaginer d’avance le déroulement d’une journée ou même d’une semaine entière. On se sent en terrain connu, on avance avec confiance et on éprouve de la satisfaction à voir les tâches s’exécuter et à les biffer de sa liste de choses à faire.
En contrepartie, le fait de tout organiser à l’avance peut être contreproductif si les tâches ou projets à réaliser ne sont pas alignés avec l’énergie du moment. S’imposer une longue séance de réflexion stratégique alors que le corps a envie de gigoter devient sous-optimal. Tout comme s’attaquer à des tâches administratives alors que le cerveau se trouve dans un état d’ébullition créative.
La planification n’a donc pas seulement de bons côtés. Comme à peu près tout dans la vie, il faut savoir doser. La clé réside dans la flexibilité. L’idée est d’échafauder un plan concret, réaliste et réalisable tout en s’accordant le droit d’intervertir l’ordre des éléments. De jouer un peu avec les morceaux. Pour autant que le résultat final concorde avec l’objectif de départ.
Entre rigueur et rigidité
C’est là où de nombreuses personnes peinent. Les gens qui ont tendance à tout planifier confondent souvent rigueur et rigidité. Discipline et entêtement. Pour être efficace, tout plan doit impérativement tenir compte de celui ou celle qui le réalise. Évidemment, avec le temps, on apprend à se connaître et à planifier en fonction de son rythme naturel.
Certaines personnes ont besoin de bouger leur corps tôt le matin pour stimuler le flot d’énergie, alors que d’autres préfèrent une séance d’exercice en fin d’après-midi pour évacuer le stress accumulé durant la journée. Certains sont créatifs à l’aube, d’autres ont les idées qui affluent une fois la nuit tombée. Suffit de porter attention à ces détails et d’en tenir compte dans tout ce qu’on planifie.
Lorsque la planification est saine et sensée, elle ne s’oppose pas à la liberté. Au contraire, elle la permet.
L’illusion de la liberté
J’entends parfois des gens me dire qu’ils sont allergiques à la planification parce qu’elle étouffe leur liberté ou leur spontanéité. Je ne suis pas d’accord. Parce que ce que je vois le plus souvent chez ces mêmes personnes, c’est une fausse liberté.
Si on ne planifie rien et qu’on improvise constamment, on tend naturellement à s’attaquer aux choses qui nous plaisent, aux tâches faciles et amusantes pour nous, en laissant de côté les choses importantes, voire essentielles. On n’associe pas non plus de temps à chacune de ces tâches, et on étire inutilement les heures consacrées à les accomplir. Sur le coup, dans l’instant présent, on peut avoir l’impression d’être libre, puisqu’on décide de ce qui nous occupe à chaque instant, et du temps qu’on y investit. Mais les tâches importantes finissent par nous rattraper et elles deviennent soudainement urgentes. On ne peut plus y échapper.
Quand l’urgence prend le contrôle
C’est alors qu’on se fait coincer par sa propre désorganisation. On n’a plus le choix de faire autrement que de gérer les urgences, et on le fait sous la pression, et cette pression entraîne un sentiment d’angoisse, sinon d’aversion ou de ressentiment. On se fâche contre l’urgence ou encore contre soi-même. L’esprit s’embrouille. Et la tâche qui, au départ, était simplement moins agréable devient irritante et éreintante.
À l’autre bout du spectre, il y a ceux qui n’ont aucune obligation, ou presque. L’absence de planification peut aussi avoir des effets néfastes; si on n’a aucun but, aucun objectif à court ou à moyen terme, on se prive de la satisfaction de son atteinte. Le sentiment de réalisation nous échappe et le sens de la vie nous semble alors plus flou.
Planifier pour mieux improviser
Pour moi, l’idéal se situe à l’intersection entre la saine planification et la spontanéité. Je planifie scrupuleusement tout ce qui concourt à l’atteinte de mes objectifs — donc tout ce qui est non négociable pour moi — et j’adapte en tenant compte de mes capacités et de mon énergie du moment.
Et vous savez quoi? Malgré le travail autonome, qui pourrait ne jamais avoir de fin, malgré la monoparentalité, la maison à entretenir, les cours de yoga à donner et les séances d’entraînement au gym, je n’ai presque jamais d’urgences. Et surtout, j’ai plein de petites cases vides dans mon agenda. Que je m’amuse à meubler en improvisant une sortie en famille aux glissades d’eau un mercredi ou une longue marche avec ma copine un vendredi après-midi.
Pour moi, c’est ça, la vraie liberté.
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Vous aimeriez apprendre à cultiver davantage votre capacité à planifier, mais vous ne savez pas par où commencer? Je peux vous aider à faire les premiers pas.