Le jour où j’ai compris le coaching
Après ma retraite de réflexion stratégique qui m’avait révélé sans équivoque ma nouvelle vocation de coach, j’ai d’abord éprouvé du dégoût. Puis de la honte. J’avais honte d’éprouver du dégoût face à une décision que j’avais prise — ou plutôt, qui s’était imposée à moi.
Je n’arrivais pas à croire que j’allais me joindre à une communauté de « coachs de vie » composée d’évangélistes de la transformation et de défenseurs de la libération de son « pouvoir intérieur ». Ma perception du coaching était pour le moins teintée négativement.
Une profonde méconnaissance forgée par la culture populaire
Pour tout dire, j’ignorais en quoi consistait réellement ce métier. Je n’avais été exposée qu’à des figures caricaturales, au contact des médias sociaux, des films et des séries, et j’avais l’impression qu’il existait seulement deux camps : celui des « illuminés » et celui des motivateurs.
Dans mon esprit, les premiers avaient compris l’essence de la vie, après un long voyage intérieur qui les avait menés dans des ashrams en Inde et des retraites silencieuses au Tibet, et s’appliquaient à la retransmettre à leur clientèle un peu grano avec une infinie douceur, à coups de méditation, de respiration et de défis d’abstinence de toutes sortes.
Quant aux seconds, ils électrisaient des foules de disciples rassemblées dans les centres de congrès de partout au pays, à répéter leur mantra comme une vérité absolue, sur une scène, micro à la main et poing en l’air.
Je sais, ma vision de la profession n’était guère reluisante. Très réductrice, voire insultante. Et complètement erronée. Mes excuses à tous les coachs professionnels du monde qui pratiquent ce métier honorablement.
Ce que le coaching est et n’est pas
Puis, au premier cours de ma formation, j’ai été sidérée d’apprendre que les coachs ne prodiguent pas de conseils. Ils ne guident pas. Et ils ne proposent pas non plus de solutions. J’étais pour le moins perplexe. À quoi donc servait un coach, alors?
Dès les premières explications, j’ai compris. Le rôle d’un coach est d’amener une personne à sortir de son schème de pensée habituel, de ses réflexes naturels, de ses automatismes, pour l’inviter à remettre en question ses croyances, à réévaluer ce qui se pose comme des obstacles pour elle et à trouver ses propres solutions en lui reflétant les ressources intrinsèques dans lesquelles elle peut puiser.
Le coach : un partenaire égalitaire
En d’autres mots, un coach est un partenaire de réflexion qui nous amène à penser à et agir autrement. Un « partenaire ». Pas un expert, pas même un mentor. Un coach travaille avec son client dans une relation d’égalité. Il s’appuie sur le principe suivant : le client n’est pas « brisé ». Il n’a pas besoin d’être « réparé ». Il possède déjà toutes les ressources dont il a besoin.
Dans cet esprit, le coach ne sait pas plus ni mieux que son client. Il l’accompagne simplement en l’interrogeant sur ses objectifs pour l’aider à en clarifier la valeur et la pertinence, et pour l’inviter à définir les moyens de les atteindre.
Un coach aide son client à voir plus clair, plus loin, mais il n’impose pas sa propre vision. Il ne fait que participer à la création du plan ou de la vision avec son client.
La puissance de la cocréation dans l’élaboration de solutions
Cet aspect de cocréation est, selon moi, la clé du coaching. Le pilier à partir duquel le changement, voire la transformation, devient possible. Car réfléchissez-y un instant : combien de fois dans votre vie avez-vous demandé conseil aux membres de votre réseau, personnel comme professionnel, avant de prendre une décision? Et combien de fois n’avez-vous pas écouté leurs conseils?
Bien que ce réflexe semble contradictoire, il porte en lui une double vérité. D’abord, nous avons tendance à demander conseil aux autres pour nous rassurer et pour valider nos choix. Le doute et l’incertitude comptent parmi les plus grands facteurs de paralysie de l’action, alors nous cherchons à remplacer le doute par la certitude pour continuer à avancer.
Cependant, lorsque les conseils reçus s’opposent à l’option que nous préconisons, consciemment ou inconsciemment, nous avons tendance à les rejeter. Et nous trouvons toutes sortes de « bonnes » raisons pour le faire :
- Cette personne ne connaît pas ou ne comprend pas réellement ma situation.
- Cette personne n’a jamais vécu une situation semblable à la mienne.
- Cette personne a déjà vécu une situation semblable à la mienne, mais elle n’est pas MOI.
Ici, c’est le libre arbitre qui parle. Et il refuse de se faire entraîner dans une direction qui ne l’interpelle pas naturellement.
C’est pour cette raison que la solution doit venir du client. Je dis ici du « client », puisqu’il s’agit de coaching, mais le principe est tout aussi valable pour votre conjoint, votre amie ou votre enfant. Quand la décision émane de nous, elle résonne beaucoup plus fort. Elle semble en accord avec nos valeurs. En harmonie avec nos principes. En parfaite symbiose avec notre rythme.
Je m’engage donc formellement à ne jamais vous guider. Mais je vous accompagnerai avec plaisir.
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